Rencontres

Le passage de Solidex dans les Mauges

En juillet, l’association Solidex qui descendait la Loire en canoë afin de la nettoyer et de faire des prélèvements, s’est arrêtée au Mesnil-en-Vallée afin de nous rencontrer. Le temps était mauvais, il a beaucoup plu, nous n’avons pas pu nettoyer les bords de Loire avec eux comme nous l’aurions voulu mais une famille adhérente, Carole et Florian, nous ont chaleureusement ouverts leur porte afin de pouvoir profiter de cette belle rencontre.

Nous avons pu discuter de leur projet, leur cause, ils ont partagé cette belle aventure avec nous et nous avons pu leur expliquer notre quotidien et le concept du Zéro Déchet. Nous avons passé une très belle journée remplie d’optimisme et de partages.

Après avoir dormi chez Carole et Florian, ils ont repris leur canoë le lendemain afin de continuer leur descente de la Loire jusqu’à Saint-Nazaire.

Enrichis de cette belle rencontre, nous gardons le contact et nous avons demandé à Amandine, Clément et Antoine un petit retour concernant leur aventure et leur passage dans les Mauges que nous tenions à partager.

 

Pourriez-vous vous présenter, vous ainsi que votre association en quelques mots ?
Solidex est une association visant à promouvoir des valeurs de solidarité, d’optimisme, de partage et de respect à travers des aventures filmées. Pour ce projet, nous sommes trois : Amandine, Antoine et moi-même, Clément.

D’où vient l’idée de ce projet de descendre la Loire en canoë ?
L’idée de la descente de la Loire est inhérente au premier projet réalisé par l’association. En 2013, nous avions traversé l’Europe en Solex de Saint-Nazaire à Istanbul dans le but de prouver que l’Europe était plus sociale que financière et que la solidarité existait encore. Nous avons ramené un film de ce projet où les valeurs de partage, d’échanges et de solidarité transpiraient. En tournant dans les festivals d’aventure, nous avons constaté que nos mots avaient un impact, que nos espoirs étaient contagieux et que nos rêves étaient réalisables. Néanmoins, nous avons aussi découvert que, pour beaucoup, le voyage rimait avec des paysages de bouts du monde. Nous étions convaincus de l’inverse.
Avec ce projet, nous voulions montrer que l’on pouvait partir à l’aventure en France et surtout prouver que la solidarité n’avait pas quitté notre beau pays et ses habitants. Il était temps d’arrêter d’écouter les médias et de partir à l’aventure en France : sur la Loire.
Nous avons donc construit cette aventure à partir de ce fleuve mythique et « sauvage ». Dans le but de se confronter aux valeurs positives que nous voulons promouvoir, nous avons monté un projet s’appuyant à la fois
sur le hasard des rencontres et sur des rendez-vous d’acteurs protégeant la Loire et l’environnement en général.
Le projet se dessinait. Un terrain d’aventure que nous descendrons à pied puis en canoë et des rencontres prévues et d’autres espérées. Il ne manquait plus que notre implication. Afin de faire notre part, nous avons décidé de profiter de notre descente pour ramasser un maximum de déchets.
Les trois piliers étaient en place, il ne restait plus qu’à se lancer.

Quelle était votre fibre écologique avant ce périple ?
Nous sommes de la génération où le mot « écologie » n’a plus de sens. Nous sommes quoi qu’il arrive sensible et concernés par la protection de notre environnement. Néanmoins, nous ne sommes pas irréprochables, nous
consommons, nous roulons en voiture, nous vivons avec les codes de notre société actuelle. Nous essayons de les changer en modifiant nos habitudes. Nous croyons dans le local, dans la production de produit respectueux de
l’environnement, dans l’artisanat, dans l’humain, dans la solidarité.
Pour conclure, nous sommes ouverts aux alternatives responsables et durables que nous mettons en place dans notre quotidien quand c’est possible.
Nous avons tous les trois une fibre citoyenne. Nous refusons d’être enfermés dans une case écologie dont les images, l’état d’esprit et la mise à la marge ne nous correspondent pas. Ecologie ne devrait pas exister puisque qu’elle devrait être inhérente à notre nature. C’est un principe naturel au même titre, voir plus grand, que manger, boire et se reproduire.
Nous avons tous les trois l’impression d’appartenir à la génération du changement. Changements sociaux, environnementaux…mais comme pour tout changement, il faut du temps. Et nous prenons le temps de juger ce
qu’il est bon pour nous d’abandonner ou de conserver. Pour nous ramasser les déchets est un acte citoyen.

Comment s’est passé votre périple, quelles ont été les étapes marquantes, qu’en retiendrez-vous ?
Notre périple a tenu toutes ses promesses. Le fleuve ne nous a pas épargné avec un épisode de crue, des rapides pierreux, des gorges sauvages et des bancs de sable piégeurs. L’aventure physique était à chaque méandre. Du point de vue rencontre, c’est une véritable vague de générosité, de solidarité et de bienveillance qui nous a porté jusqu’à l’océan. Nous avons presque été hébergés la moitié du temps et il ne se passait pas une journée sans que nous rencontrions une bonne âme. Chaque moment était unique et riche, plein d’images nous viennent en tête lorsqu’on ait prié de replonger dans nos souvenirs. Je crois que la meilleure réponse se trouvera dans le documentaire et le récit d’aventure qui témoigneront de notre périple.

D’un point de vue écologique, qu’est-ce qui vous a marqué durant votre aventure ?
Nous avons été bluffé et très optimiste en voyant l’implication des gens que nous rencontrions. Pêcheurs, chasseurs, promeneurs, touristes, ligériens, la majorité d’entre-eux étaient soucieux de la bonne santé de la Loire.
Un grand nombre d’association s’implique de près ou de loin dans la préservation de notre environnement et la valorisation de la mémoire du fleuve.
En discutant avec des personnes côtoyant le fleuve depuis des années, il semblerait qu’il y ait de moins en moins de déchets. Néanmoins, il en reste toujours trop et nous avons contribué à notre échelle à en enlever 1200 kg.
Surfrider le long des côtes, Je Nettoie ma Loire à Orléans, J’aime la Loire Propre sur toute la Loire et Estuairezvous à Saint-Nazaire réalisent ça toute l’année.
Nous nous étions aussi mis en partenariat avec La Pagaie Sauvage afin de faire des prélèvements de microplastique.
Au vu des premiers résultats, il semblerait que tous les prélèvements contiennent des micro-plastiques. Même à 30 km de la source !
Il est maintenant de notre devoir de faire un bilan sur notre expérience et sensibiliser un maximum de personnes.

Vous avez longé les Mauges, de Montjean-sur-Loire à la Varenne, que garderez-vous de ce passage ?
Nous en garderons une merveilleuse rencontre avec l’équipe de ZD en Mauges ! Très sérieusement, nous avons été particulièrement touchés par votre attente sous la pluie. Vous avez découvert notre projet, Frédérique m’a
appelé pendant le projet pour organiser une rencontre, vous vous êtes mobilisés, Carole nous a accueilli chez elle et nous a même retrouvé à notre arrivée à Saint-Nazaire.
En plus de cet apport humain, vous nous avez ouvert l’esprit sur une démarche que nous connaissions mal. Vos histoires, vos astuces et vos bilans sont autant de flèches qui nous atteignent et qui nous pousse à tendre vers une
vigilance sur l’acte de jeter. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu honte de mettre quelque chose à la poubelle, comme incapable d’assumer un déchet que finalement je n’avais pas souhaité mais que j’avais créé par ma consommation aveugle.
Au niveau ligérien, nous avons vraiment découvert une autre Loire, plus domestiquée avec cette succession d’épis et de plages permettant de canaliser son flux. Et comment ne pas souligner Montjean-sur-Loire et sa
capacité à capter l’attention du pagayeur ou du marcheur grâce à ses œuvres originales.
Merci de nous avoir arrêtés dans une région que nous aurions simplement dû passer.

Avec le recul, maintenant que vous avez terminé votre descente de la Loire, quel bilan faites-vous de votre aventure ?
L’aventure a à la fois tenu toutes ses promesses et surpassé nos attentes. Nous avons organisé une bonne partie de nos étapes mais notre calendrier nous a laissé la liberté de rencontres inattendues et elles ont été au rendez-vous.

Notre certitude de trouver l’aventure en France s’est avérée vraie, les paysages de la Loire sont magnifiques et totalement différents d’une région à une autre.
Enfin, s’il y a une chose à retenir, c’est l’optimisme. Nous ne sommes pas dans un monde parfait mais l’utopie qui berçait notre imaginaire de voyageur s’est avéré une réalité, tout le monde croit en un monde plus respectueux de notre environnement. De nombreuses personnes y travaillent chaque jour et il faut le souligner.

Un tel voyage laisse forcément des traces, humainement et écologiquement. Vous allez reprendre votre quotidien, allez-vous modifier vos habitudes de vies ? Percevez-vous le quotidien différemment ?
Bien sûr, après deux mois à ramasser des déchets on ne voudrait plus en voir du tout, les supprimer de notre quotidien. Mais il est plus difficile qu’on ne le pense de vivre sans déchets. Néanmoins, nous allons tous faire des efforts afin de réduire nos déchets, il existe des gestes simples qui permettent de consommer mieux et consommer bien. A nous de faire l’effort de les mettre en place dans notre quotidien.

Un petit mot sur la production de votre film et de vos livres (que nous attendons avec beaucoup d’impatience…) ?
Au jour d’aujourd’hui nous avons l’ensemble des images nécessaires au montage du documentaire. Nous sommes donc à la recherche :
– De financement pour payer les différents acteurs du milieu cinématographique à le mettre en œuvre
– De producteurs afin de nous aider dans sa distribution
Ce que nous souhaitons est simple, il est pour nous inconcevable que cette expérience reste dans la sphère privée. Il faut donc que nous réussissions à le sortir afin de sensibiliser le plus grand nombre et partager notre expérience riche en tout point.
Pour ce qui est d’un éventuel livre, ce ne sera que dans un second temps car la réalisation du documentaire est prioritaire pour nous tant le support audiovisuel est un outil qualitatif et ludique pour exprimer ce que nous avons
vécu.

Autre chose à rajouter ?
Continuons à œuvrer dans ce sens, tout ce que nous faisons à un impact direct sur les générations futures et il est de notre devoir de faire tout ce que nous pouvons afin de rendre ce monde meilleur et plus sain pour nos enfants.

 

Nous tenons encore une fois à remercier Amandine, Clément et Antoine pour ces échanges. Une cagnotte en ligne pour la réalisation de leur documentaire « Trois colibris sur la Loire » est à disposition pou ceux qui souhaitent participer à leur projet.

Et voici en avant première le teaser de leur film : Une aventure vécue, une histoire à raconter

et également le reportage fait par France 3 lors de leur passage à Chalonnes : nettoyage de la Loire au fil de l’eau pour les Solidex

Et c’est avec évidence que nous attendons impatiemment leur documentaire et espérons qu’ils reviennent rapidement pour nous le présenter !

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